Mark@gement

un management humaniste tendu vers les clients

Pasteur

Vivant

Avant de pouvoir coopérer au sein d'une équipe, sans avoir besoin de tirer la couverture à soi, il faut connaître suffisamment bien les ressorts qui nous animent.

Quelques réflexions sur la place de l'homme dans la nature et les caractéristiques de la vie ne sont pas inutiles pour commencer d'autant que l'entreprise étant considérée comme un être vivant, il y a des analogies à en tirer.

Réactivité

MINERAL

Matière inorganique
Structure stable
S’il réagit avec un autre être, donne naissance à un être nouveau

VEGETAL
Vivant, fixé au sol, mobilité et sensibilité réduite, alimentation minérale
Capable de générer un être de même nature que lui

ANIMAL
Vivant, mobile, sensible, alimentation par substrat organique
Capable de générer un être de même nature que lui

HOMME
Animal pouvant exprimer sa volonté d'une manière autonome de ses désirs grâce à son pouvoir de réflexion sur lui même et au degré de liberté dont il dispose

VIE

Se présente comme des phénomènes d’êtres organisés pour leur propre activité depuis la naissance jusqu'à la mort (nutrition, assimilation, croissance, reproduction, …)

C'est une structure individuellement non durable précédée de modifications permanentes (vieillissement), mais qui, en générant des êtres qui lui sont semblables perdure collectivement tant que l'environnement ne lui devient pas trop hostile.

Caractéristiques

Un programme : description des ingrédients et de leurs interactions.

L'improvisation : adaptabilité du programme aux évolutions de l'environnement.

Le cloisonnement : enfermement du système dans une membrane non imperméable.

Un apport d'énergie : système ouvert convertisseur d'énergie.

La régénération : remplacement des éléments usés avec vieillissement de l'ensemble.

L'adaptabilité : rétroaction face à une agression.

L'isolement : spécificité des catalyseurs pour éviter les réactions chimiques parasites.

Morphologie

A la conception, la cellule humaine originelle se divise en cellules identiques à elle-même : des tuttipotentes. Au bout d’une douzaine de jours trois types apparaissent qui donneront ensuite divers organes du corps : des multipotentes. Sheldon a identifié que la dominance d’un de ces types entraîne des silhouettes et des tempéraments différents chez les individus.

Une première série de cellules donneront naissance aux corps gras, aux entrailles et viscères. Les individus qui sont sous leur influence dominante ont une silhouette trapue, massive avec de fortes attaches (poignets), un teint mat. Leur sensualité est forte (bonne chère … et bonne chair) associé à un tempérament sanguin (assez facilement emporté). Ils sont caractérisés par le réalisme, le sens pratique,. Ce sont les endomorphes.

Une autre série de cellule va générer le système nerveux. Leur apparence physique est longiligne, leur teint est diaphane, leurs attaches fragiles. Ils adorent discuter, remuer des idées pour décortiquer toutes les facettes d'une situation. Leur analyse est bonne, mais le passage à l'acte n'est pas leur qualité première. Ils apprécient les métiers limitant la prise de risque comme la comptabilité ou l'informatique. Ce sont les ectomorphes.

Entre les deux se situent les mésomorphes, ils sont identifiables par leur silhouette sportive résultat de leurs cellules multipotentes dominantes qui génèrent l'ossature et les muscles. Ils sont doués pour l'action, le défi, l'aventure.

Ces traits de caractère font évidemment partie de l'inné en influant sur le tempérament, mais l'individu

évolue ensuite en fonction de son acquis qui estompe cette description un peu caricaturale : elle donne cependant quelques points de repère …

Dans une équipe dirigeante, on peut en déduire que compte tenu que leurs dons sont complémentaires il est bon de mêler les divers types … mais il faudra qu'elle sache s'enrichir de leurs différences … ce qui suppose que chacun domine son tempérament par sa volonté entraînée par l'exercice des vertus et orientée par l'exercice de l'intelligence!

Pascal

Pascal a identifié au sein de tout homme ce qu’il appelle des ordres :

- Dans un langage désuet aujourd’hui, il évoque d’abord la "chair" siège de toutes nos pulsions entraînant, si nécessaire, le recours à la force pour les satisfaire. certains peuvent y rester trop limité comme le sont, je crois, les animaux. Ce sont cependant des auxiliaires indispensables pour notre survie et des moteurs puissants de l’action, mais qui peuvent conduire au meilleurs comme au pire s’il ne sont pas canalisés par les ordres supérieurs.

De nos jours ont évoquerait plutôt la dimension animale de nous même

- Il y a ensuite l’ordre de "l’esprit" qui est celui de la raison. Sur terre, seul l’homme en semble doué par cette capacité à s’examiner lui même dans une ré-flexion pour bâtir arriver à des conclusions par des déductions à partir d’hypothèse de départ. Le remarquable est d’être capable de savoir qu’au départ de tout le raisonnement il y a des hypothèses - aux noms divers selon les disciplines (paradigmes, axiomes, postulat, prémisses, …) - dont nous sommes conscient qu’ils peuvent être erronés. A ce stade, il me semble que l’éthique n’a pas encore sa place.

Aujourd’hui, compte tenu de l’amalgame qui existe dans les dictionnaires entre âme et esprit, l’expression raison ou intelligence réflexive paraîtrait plus juste pour englober en particulier les mondes de la philosophie ou des sciences.

- Au dessus, Pascal place l’ordre du “cœur” espace symbolique qui devient le siège de l’amour compricomme la volonté de faire le bien de l’autre. Interviennent alors les notions de valeur des finalités et des moyens … même si parfois, l'homme esquive de s'interroger à ce sujet.

C’est le lieu du plus intime de nous même, l’homme intérieur, siège de la vie spirituelle, domaine du difficilement (voire de l’impossible) communicable : l’univers des mystiques.

Bien évidemment, ces trois ordres cohabitent en nous : un réel souci de vouloir du bien à une personne peut s’accompagner d’une compréhension des raisons qui amènent à cette attitude et d’une attirance tout à fait incarnée. Aucun de ces ordres n'est négligeable, mais il faut qu'ils soient ordonnés les uns aux autres.

En fait, Pascal reprend là une idée déjà exprimée par exemple parJean TAULER, dominicain qui a vécu au XIV siècle.

Dans l'entreprise, il est clair que l'ordre de la chair tout spécialement par la dimension recherche du développement et lutte contre la concurrence (externe, mais aussi interne!) est omniprésent. Celui de la raison est très valorisé, mais souvent avec une grande attention apportée à la rigueur des déductions et un survol beaucoup trop rapide des bases sur lesquelles ce raisonnement est bâti (Combien de fois ai-je vu des responsables se précipiter sur une solution avant d'avoir clairement posé le problème! J'en ai même vu qui arrive à répondre à côté d'une question … avant que l'on ait eu le temps de la poser!). L'ordre du cœur est apparemment le parent pauvre dans les affaires à la fois parce que certains trouvent "profitables" de ne pas faire entrer en ligne de compte les préoccupations de cet ordre, mais aussi parce qu'une pudeur mal placée nous retient de dire aux acteurs de son activité : "je t'aime" … même si, dans les faits, on le reconnaît avec d'autres mots (bonne ambiance, …) et si de plus en plus de sociétés édictent des règles d'éthiques.

Pulsion

Si notre esprit est capable de nous aider à comprendre* une situation, la deuxième composante de notre âme qui peut aussi y contribuer est le "cœur" défini comme siège de la sensibilité, de l'affectif.

Il y a un processus qui conduit à adopter un sentiment plutôt qu'un autre.

Un évènement provoque, sans que nous y puissions quoi que ce soit, une réaction physiologique automatique de notre corps : notre physiologie s'active sous forme d'une "émotion" visible ou non. Notre conscience réalise alors plus ou moins clairement ce qui arrive sous forme d'une "sensation" agréable ou non. La volonté de notre esprit peut alors intervenir pour évaluer cette sensation et la transformer en un "sentiment" variable selon les individus car il dépend de notre liberté intérieur : un acte d'agression générant une sensation de vengeance peut déboucher sur un sentiment de pardon.

Un animal est soumis à ses sensations (douleur ou plaisir), la liberté de l'homme lui permet des issues multiples débouchant sur un choix. Nos émotions sont probablement le fruit de l'évolution et contribuaient à la survie car constituant une base d'expérience. Certaines peuvent donc ne plus être adaptées au contexte actuel.

Chez l'homme, la prise de conscience d'une sensation se présentant comme un besoin tel la soif, la faim, la curiosité, le sexe ou le jeu la transformera en désir que sa volonté décidera de chercher à le satisfaire ou à le maîtriser.

Les études les plus récentes ont montré que l'émotion est partie prenante des mécanismes cognitifs tout spécialement lorsqu'une personne affronte une situation dans laquelle elle a connu antérieurement un échec.

Dans l'entreprise on a tendance à refouler les informations émanant des émotions : c'est l'illusion que seul le rationnel a de la valeur ce qui revient à négliger une potentialité de l'humanité. Il vaut mieux savoir transformer les émotions ressenties en sentiment … que l'on pourra exploiter lucidement.

Inconscient

Le psychiatre Bour dans "Les racines de l'homme" identifie dans l'homme des composantes physiques et psychiques.

Trois pulsions fondamentales qu'il lui faudra apprendre non seulement à dominer, mais aussi à utiliser, sont des énergies sans connotation morales qu'il faut savoir utiliser.

• ATTRACTIO : Tendance à bâtir un lien harmonieux avec l’univers qui entraîne la réceptivité à l’émotion et la capacité à désirer

• AGRESSIO : Aptitude à s’opposer, elle permet la défense ou la conquête non pas dans un a priori d'écrasement des autres, mais comme une aide pour creuser sa place dans la société

• AMBITIO : Pulsion pour dominer, être reconnu, s’affirmer, se dépasser elle donne beaucoup d'énergie pour atteindre ses objectifs.

Deux aptitudes qu'il définit comme des fonctions, permettent au fil de l'histoire de chacun de bâtir sa personnalité. Pour cela il faut être capable d'évoluer, de changer ce qui suppose d'accueillir de nouvelles données ou matières pour s'en approprier celles qui nous conviennent, mais aussi de pouvoir rejeter les autres.

• ASSIMILATIO : Capacité à s’incorporer, rendre semblable à soi conduisant à l'appropriation

• ELIMINATIO : Possibilité d’évacuer l’encombrant ou le nuisible à l'issue d'un triage


Equilibre


Au départ, les pulsions sont les forces d'une dynamique inconsciente qu'il va falloir, par l'entraînement de la volonté transformer en une prise en charge consciente. Il faut arriver à mettre son agressio au service de son ambition puis aidé par les fonction elimination et assimilatio développer au mieux ses facultés d'attractio.

C'est l'exercice de notre liberté qui va nous permettre de dominer les tendances purement animales de nos pulsions innés. Comme nous sommes aussi le fruit de notre acquis, ce qui nous a été inculqué dans la petite enfance, sans que nous y opposions de résistance, peut avoir besoin de passer par l'eliminatio pour que l'on devienne nous même.

Teilhard

Un constat : plus un système se complexifie, plus son degré de conscience s'élève.

De l’électron dont la seule préoccupation est de trouver son équilibre avec un positron à l’humanité dont l’intelligence collective est ce que nous connaissons de plus achevé en terme de conscience, il y a une gradation régulière en passant par les molécules, les macromolécules carbonées, les cellules, les végétaux, les animaux et l’homme. On peut voir dans cette évolution une loi de la nature : le constat expérimental d'une orientation vers la complexité depuis le big bang avec l'apparition de la vie puis des sensations avant d'arriver à la conscience et au pouvoir de réflexion … un sens de la vie au plan physique.

Dans cette optique, la mondialisation prend une coloration naturelle … La vie collective apparaît ainsi comme une sorte d’achèvement, sans occulter la possibilité de mieux utiliser les ressources de notre cerveau qui peut s’enrichir des découvertes faites par les autres.

La vie est ce qu’il y a de plus complexe sur terre? Elle ne prospère que sur une mince pellicule à la surface de notre planète (quelques dizaines de mètres sous terre et quelques kilomètre dans les airs) : que Teilhard de Chardin appelle la noosphère.

Le principal défi des managers est de décrypter la complexité des situations et de savoir faire travailler des ensembles complexes : des équipes de collaborateurs.

Esprit

Ame : c'est la différence qu'il y a entre un corps encore vivant et le même juste après sa mort. On parle d'âme végétale, animale et humaine … avec la grande discussion de savoir si l'âme humaine est une simple amélioration de l'âme animale ou quelque chose d'une nature différente (que l'on peut attribuer à l'esprit). L'âme est le principe qui "anime" la matière pour la rendre vivante c’est à dire capable de renouveler les composants de sa matière sans perdre sa nature associé, le plus souvent, à la capacité de co-générer un semblable.

On admet alors le concept d'âme végétale et animale puisqu’il s’agit d’êtres vivants. On peut remarquer que l'animal est capable de ressentir des émotions ce qui le différencie du végétal.

L'homme présente des capacités supplémentaires : d'une part celle de transformer ses émotions spontanées en sentiments voulus (j’y associe la notion de cœur … qui ne représente alors pas forcément le plus intime de lui-même) et d'autre part d'être capable de "ré-fléchir" grâce à son esprit qui lui permet de juger les situations (morale) ou d'atteindre à une certaine spiritualité.

A noter que beaucoup de dictionnaires ne distingue pas l'âme de l'esprit … ce qui ne me convient guère d'où la connotation que j'ai choisi de donner à chacun de ces mots.

Maturité

La maturité que l'on atteint lorsque l'on devient capable d'une prise en charge consciente, passe souvent par toute une série d'étapes qui nous ouvrent de plus en plus aux autres. On ne progresse pas sans effort au long de cet itinéraire!

Pour s’humaniser, il faut réussir à équilibrer trois pôles :

- Sexuel : toutes nos relations sont sexuées ≠ sexuelles

- Politique : nous sommes dans un espace de pouvoir

- Spirituel : quel est le sens de la vie?

L’amour est la clé d’une réponse équilibrée



Humanisation

Lorsque l'on a atteint la maturité, il faut encore progresser

en devenant capable de s'adapter aux variations continues de l'environnement et,

pour être capable d'enrichir une intelligence collective, de coopérer en équipe pluridisciplinaire.


Travail

L'attitude de chacun vis-à-vis du travail est variable :

- Pensum : simple manière de gagner de quoi vivre ailleurs : il faut se mettre en hibernation le temps de sa présence.

- Idole : est une fin en soit qui mérite que l'on y subordonne les autres facettes de sa vie : obtenir titre et pouvoir est enivrant.

- Icône : c'est d'abord un bienfait qui permet de se réaliser humainement sans négliger l'aspect relationnel ou financier : il ne s'agit pas qu'il dissimule la transcendance.

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